Des opposantes à Robert Mugabe

Posté le 6 mars 2012 par Pitz Michael dans Dans la presse, Droits de l'homme, Politique
Cela fait 30 ans que le Zimbabwe est dirigé par un dictateur
zimbabwe

Drapeau du zimbabwe

Le 20 février 2012, le dictateur Robert Mugabe, ancien héros de l’Indépendance, a fêté son anniversaire en grande pompe. Des festivités qui ont coûté plus de 750 000 euros, alors que son pays est un des plus pauvres de l’Afrique. Agé de 88 ans, ce dictateur raciste (anti blancs) n’a aucune intention de quitter le poste qu’il occupe depuis plus de trente ans.

Jenni Williams est une femme imposante, tant par son physique que par ses actes: elle fait partie des rares opposants qui osent encore faire entendre leur voix. Elle est la fondatrice de « Women of Zimbabwe Arise » (Woza), les Femmes du Zimbabwe se lèvent, une organisation qui appelle les Zimbabwéennes à se mobiliser pour la défense de leurs droits.

A 50 ans, cette métisse est devenue l’une des bêtes noires du président Robert Mugabe.

Carte du Zimbabwe

Carte du Zimbabwe

Lorsque le pays accède à l’Indépendance, en 1980, la jeune femme espère que les conditions de vie vont enfin s’améliorer pour la population. Au fil des années, ses espoirs s’écroulent. « Je me suis dit que nous ne pouvions pas rester les bras croisés » , explique-t-elle.

La première marche pacifique de Woza a lieu en 2003, le jour de la Saint-Valentin. A cette occasion, des paysannes, femmes de ménage, couturières et maraîchères descendent dans la rue, chantant et dansant, pour distribuer des roses, symbole de l’amour.

Des centaines d’autres manifestations se succéderont pour dénoncer la faim, l’effondrement des systèmes de santé et de l’éducation, la corruption, la violence familiale et la répression orchestrée par le gouvernement.

Cette militante suit les principes de la non-violence. « Nous nous asseyons par terre et encaissons les coups des policiers. »

Comme tout dictateur, le président Robert Mugabe ne tolère pas la contestation. Bien que la Constitution zimbabwéenne donne le droit aux citoyens de participer à des rassemblements pacifiques, les autorités font valoir qu’il ne peut être exercé sur la voie publique sans autorisation préalable. Pour les femmes de Woza, les arrestations, les actes d’intimidation et les mauvais traitements infligés par la police sont monnaie courante.

Jenni WilliamsJenni Williams a été arrêtée à plus de 30 occasions.  « Un jour, j’ai été embarquée dans un fourgon par des policiers. Ils m’ont dit que j’allais mourir. Tout au long de la route, pendant quarante-cinq kilomètres, ils me détaillaient la manière dont ils allaient me tuer. Heureusement, ils m’ont finalement déposée dans un commissariat. Et, je ne suis pas morte ce jour-là  »

Chaque fois qu’elle est sortie de prison, malgré les mauvais traitements et les humiliations, Jenni Williams a repris son combat. Son mari et ses trois enfants adultes ont fui le Zimbabwe et vivent tous au Royaume-Uni. Mais elle refuse d’abandonner. « Je souffre beaucoup d’être éloignée d’eux. Mais ils comprennent pourquoi je reste ici. »

Le courage de Jenni Williams est contagieux. Formée par quelques militantes, Woza en regroupe aujourd’hui près de 70 000. « Ce sont les femmes qui doivent faire face aux problèmes quotidiens. S’il n’y a pas d’argent pour acheter à manger, pour envoyer les enfants à l’école, ce sont elles qui doivent trouver des solutions. Je pense que c’est pour ça que les femmes mènent le combat pour faire changer les choses au Zimbabwe , affirme Clarah Manjengwa, une mère de trois enfants qui a rejoint le mouvement en 2004. Ce qui nous donne la volonté de continuer, c’est le rêve d’un meilleur avenir pour les générations futures. »

En attendant, les élections « libres et sans violence » , promises par le gouvernement d’union mis en place en 2009, ne semblent toujours pas d’actualité…

Source:  lalibre

 

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